Le gouvernement ne recule devant rien pour détourner l’attention des vrais problèmes – la crise, le chômage, l’insécurité, l’affaire Woerth-Bettencourt…
Le débat nauséabond sur l’identité nationale, les petites phrases scandaleuses de plusieurs membres du gouvernement, la burqa ou l’insécurité n’ont pas suffi.
Il fallait trouver autre chose et Sarkozy a trouvé un autre bouc émissaire : les gens du voyage, les roms, les tziganes. Il les montre du doigt, les stigmatise pour cacher l’échec de sa politique.
Dans sa précipitation, il se permet tous les amalgames. Environ 95% de ceux qu’on appelle les gens du voyage ou roms sont des citoyens français, traités comme des citoyens de seconde zone. Au lieu de les désigner comme des boucs émissaires, le gouvernement ferait mieux de faire mettre en application la loi Besson (Louis) afin que ceux qui vivent en caravane puissent bénéficier d’aires d’accueil dignes de ce nom.
Quand aux roms non français, la plupart viennent de Roumanie, ce sont des citoyens européens, mais sans droits, harcelés dans leur pays d’origine et partout en Europe. Ils devraient pourtant bénéficier des mêmes droits que tous les citoyens appartenant à l’Union Européenne.
La réunion qui se tient aujourd’hui à l’Elysée en compagnie des ministres spécialistes des délires paranoïaques anti-étrangers est tout simplement scandaleuse. On secoue aujourd’hui l’épouvantail des voleurs de poule.
C’est une nouvelle version de la démagogie sécuritaire d’un président en chute libre, affaibli par les scandales qui pourraient démontrer que le sommet de l’Etat est gangrené par la corruption.